La Jordanie chargée d'établir une liste noire des terroristes en Syrie

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Résumé
Les actes terroristes menés en France et au Liban par l'État islamique suscitent un nouveau plan de paix pour la Syrie; le Hamas et le Jihad islamique cherchent à bénéficier du soulèvement palestinien.

Ahrar al-Sham devrait être rejeté des pourparlers sur la Syrie

Le Groupe international de soutien à la Syrie a exprimé le 14 novembre « un sentiment d’urgence unanime » qu'il est temps de mettre un terme à la guerre en Syrie suite aux attaques terroristes de Paris qui ont fait au moins 129 morts.

Le président français François Hollande a déclaré que les tueries étaient un « acte de guerre » et a promis des représailles « sans merci » contre l'Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attaques.

Les massacres à Paris tombent un jour seulement après deux explosions dans le quartier chiite de Bourj el Barajneh à Beyrouth. Celles-ci ont laissé au moins 43 morts, selon Ali Hashem d'Al-Monitor.

L’EI a revendiqué les deux actes de terrorisme.

Les massacres à Paris ont donné un nouvel élan aux discussions internationales sur la Syrie. à Vienne, les 19 membres du Groupe international de soutien à la Syrie ont décidé de tenir des négotiations entre le gouvernment syrien et les membres de l’opposition le 1er janvier. Ces négotiations devraient assurer une transition politique, y compris des élections et une nouvelle constitution d'ici 18 mois. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont décidé de soutenir un cessez-le-feu dans les régions de la Syrie qui ne tombent pas sous le contrôle de terroristes.

La Jordanie a été chargée, pour une raison inconnue, de prendre le devant dans la détermination des groupes qui, en plus de l’EI et Jabhat al-Nusra, seront désignés comme terroristes, conformément à l'article 6 du Communiqué de Vienne. « Da'esh [EI] , et d'autres groupes terroristes, tels que désignés par le Conseil de sécurité des Nations unies, et de plus, comme convenu par les participants, doivent être vaincus, » indique le communiqué.

David Ignatius explique cette semaine dans le Washington Post: « Le point de finesse est de décider si un groupe islamiste appelé Ahrar al-Sham, qui est soutenu par les Saoudiens et les Qataris, mais parfois se bat aux côtés des extrémistes, devrait également être sur la liste noire. Les États-Unis et la Grande-Bretagne semblent disposés à traiter Ahrar al-Sham comme une part de la solution plutôt que du problème, s´il se comporte de façon plus responsable. »

Il serait peut-être temps pour une pause stratégique si les États-Unis en sont vraiment venus à plaider en faveur de la prise en compte d’Ahrar al-Sham dans les pourparlers sur la Syrie. Traiter leur inclusion comme une concession en faveur de l’Arabie Saoudite et du Qatar, si tel est l’accord, ne sera pas suffisant. Salih Muslim, chef du Parti de l'Union Démocratique Kurde syrien, a déclaré à Amberin Zaman d'Al-Monitor le mois dernier que Ahrar al-Sham n’est « pas différent » de l’EI. La composition de groupes tels qu'Ahrar al-Sham et Jaish al-Fatah (Armée de la Conquête) est fluide et comprend, au minimum, les compagnons de voyage de l’EI et de Jabhat al-Nusra. Les Nations Unies et d'autres organismes indépendants ont documenté la collaboration accrue entre Jabhat al-Nusra et certains groupes armés soutenus par les États-Unis et ses alliés dans les opérations militaires contre le gouvernement syrien.

En outre, Edward Dark (un pseudonyme) indique dans un article rédigé depuis Alep que l’EI et Jabhat al-Nusra pourraient avoir coordonner leurs efforts pour contrecarrer les avancées de l’armée syrienne la semaine dernière autour de cette ville-clé du nord. Le progrès de l’armée comprend la reconquête de la ville d'Al-Hader et de la base aérienne de Kweiris.

« L’intervention militaire russe pourrait avoir des conséquences encore plus inquiétantes, puisque les djihadistes, anciens ennemis jurés, ont coopéré pour couper la route," écrit Dark. "Alors que l'EI a attaqué avec des voitures piégées et capturé de grandes étendues de la route près de la ville d'Athria - considérée comme «cible facile» - Jabhat al-Nusra et d'autres factions islamistes ont lancé une attaque vers l'entrée d'Alep, à Ramouseh. L'armée syrienne et ses forces paramilitaires alliées, soutenues par des frappes aériennes russes quotidiennes, étaient passées à l'offensive dans le sud de la province et réalisèrent des avancées convaincantes dans les territoires contrôlés par l’EI et par les rebelles. C'est cette menace existentielle commune qui a convaincu les groupes djihadistes à mettre de côté leurs différences meurtrières, au moins pour l'instant, ce qui pourrait signaler une nouvelle et inquiétante tendance. »

Cette rubrique prévient depuis près de deux ans des risques posés par la prise en compte des groupes djihadistes syriens et de la troublante campagne visant à les intégrer dans la solution syrienne. Il se pourrait bien qu'une des leçons des attentats terroristes en France concerne les difficultés et les pièges reliés au marquage non-uniforme des djihadistes radicaux. L'un des suspects dans les attentats de Paris, Ismaïl Omar Mostefai, avait été sur la liste de surveillance des autorités françaises et avait été arrêté huit fois avant d'aller joindre le jihad en Syrie en 2013. Depuis, il avait disparu. La traque de suspects en Belgique et à travers toute l'Europe semble indiquer qu'au moins quelques-unes des personnes impliquées étaient déjà suspectées ou associées à des groupes radicaux. Les assaillants qui ont tué 12 personnes dans les bureaux de Charlie Hebdo en Janvier avaient un casier judiciaire bien documenté et étaient associés avec des extrémistes.

Alors, comment le Royaume hachémite de Jordanie et d'autres pays peuvent-ils identifier qui est ou n'est pas un « terroriste » en Syrie, étant donné la fluidité des groupes armés actuels, et les difficultés que la France - qui a parmi les meilleurs réseaux de sécurité du monde - a eu dans la traque des terroristes sur son propre territoire ? L’Arabie Saoudite et le Qatar, qui entretiennent des liens étroits avec la Jordanie, seraient en train de plaider pour qu’ Ahrar al-Sham et Jaish al-Fatah ne soient pas marqués comme groupes terroristes, et pour qu'ils soient inclus dans les discussions politiques sur l'avenir de la Syrie. Le Groupe international de soutien à la Syrie ne devrait pas céder sur ce point. Un siège à la table de discussions sur la Syrie n'est pas un purgatoire pour groupes terroristes qui cherchent à se faire une nouvelle réputation. Ils ne l'ont pas mérité, surtout après les attaques à Paris. L'ennemi en Syrie est impitoyable, et il serait naïf d'appliquer un barème dégressif à son idéologie du mal.

Hébron et Jérusalem foyers de tension de l’intifada

Adnan Abou Amer rapporte cette semaine: «Depuis le début de cette Intifada, les Palestiniens d'Hébron ont exécuté 23 attaques à coups de couteau et de voitures, et 70 Palestiniens à travers les territoires occupés - y compris 25 habitants d'Hébron - ont été abattus par des soldats israéliens. Plus de 1.100 personnes ont été blessées au cours des affrontements avec l'armée israélienne le long de 19 lignes de front à Hébron et à ses frontières. »

Daoud Kuttab explique les liens entre Hébron et Jérusalem en tant que lignes de front de l'insurrection palestinienne. Il écrit: «Le lien entre Jérusalem et Hébron peut être ressenti dans chaque rue des deux villes. Les Hébronites sont une partie intégrante de Jérusalem, et, par conséquent, tout ce qui se passe dans la ville est ressenti à Hébron. Israël a partiellement réussi à isoler Jérusalem de la plupart des villes de Cisjordanie avec sa politique interdisant aux Palestiniens de ces villes d'entrer à Jérusalem. Le cas des Hébronites, cependant, est différent, puisque beaucoup d'entre eux sont des résidents de Jérusalem. Israël est donc incapable d'arrêter leur mouvement ou d'ébranler le lien entre les deux villes. Ce lien, désormais cimenté par l’effusion de sang, tiendra, malgré l'érection de murs et les restrictions sur le mouvement. En fait, l'alliance entre Hébron et Jérusalem est aujourd’hui plus profonde qu'à tout autre moment depuis le début de l'occupation. »

Abu Amer indique que Hébron est considéré comme un bastion du Hamas. « Cela a incité l'Autorité Palestinienne (AP) et Israël à imposer des mesures de sécurité plus strictes pour empêcher le Hamas de croître ou de rénover les infrastructures dans la ville, après l'enlèvement et l’assassinat de trois colons par le Hamas en Juin 2014, » dit-il.

Abu Amer continue: « Hébron fait aussi la une de l'Intifada pour une autre raison, qui est liée à la nouvelle dimension tribale du soulèvement populaire. En conséquence, l'Intifada a pris de l'ampleur, comme cela a été demontré lors de la manifestation tenue le 31 octobre par les tribus de la ville afin de ramener les corps des Palestiniens détenus par l'armée israélienne. Le porte-parole du Hamas Husam Badran a déclaré à Al-Monitor, ‘La large participation du public dans le cortège funèbre des martyrs d'Hébron est un signe clair du choix de la résistance et un message fort pour Israël que ses mesures oppressives et ses punitions collectives n’affecteront pas Hébron - le moyeu populaire et national du projet de résistance.’ »

Le 4 novembre, le chef du Hamas, Khaled Meshaal, a déclaré à un petit groupe de journalistes, y compris Al-Monitor, que le Hamas cherche à établir une commande palestinienne unifiée et qu'il espérait que l'Intifada faciliterait la réconciliation entre Fatah et Hamas. « Le Hamas croit en tous les choix de la résistance et en l'importance de la coordination des efforts sous un commandement unifié pour accroître les efforts de l'Intifada, » a déclaré Meshaal.

Asmaa al-Ghoul rapporte cette semaine à partir de la bande de Gaza sur les efforts déployés par le Jihad islamique pour tenter de diriger l'Intifada à Gaza. Ghoul rapporte que le Jihad islamique a organisé neuf manifestations independentes, sans partenariat avec le Hamas ou le Front Populaire pour la Libération de la Palestine, comme cela est habituellement le cas. Les rassemblements, selon Ghoul, « vont au-delà de toute ligne de démarcation des forces israéliennes afin de soutenir l'Intifada de loin. Par exemple, un rassemblement a été surnommé, 'Le vendredi pour les martyrs d’Hébron,' ce qui reflète la pratique adoptée par le groupe pour nommer les demonstrations tenues chaque vendredi. »

Le porte-parole du Jihad islamique Daoud Shihab dit à Ghoul: « Il est faux de parler de tirs de roquettes depuis la bande de Gaza aujourd'hui. Laissons l'Intifada suivre son cours, dans le cadre de la résistance populaire. ... Mais, en principe, nous n’avons pas exclu l'usage des armes, puisque nous sommes au cœur d'une action de résistance. Prendre les armes viendra au bon moment. »

Ahmad Melhem rapporte de Ramallah que les Palestiniens ont perdu confiance dans l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Melhem écrit: «Un sondage réalisé le 6 novembre par Awrad (Monde Arabe Pour la Recherche et le Développement) a montré que 64% de ceux qui ont participé au sondage soutiennent l'annulation de l'accord d'Oslo, tandis que les deux tiers croient que l'Autorité Palestinienne ne mettra pas fin à son engagement en faveur de l'accord, en particulier en ce qui concerne la fin de la coordination économique et securitaire et la dissolution de l'Autorité Palestinienne elle-même. Les Palestiniens ont des doutes quant à la capacité de l'OLP de prendre des décisions importantes en ce qui concerne la relation avec Israël, y compris la fin de la coordination économique et securitaire et l'annulation de l'Accord d'Oslo - vu sa faiblesse et son role déclinant - malgré ses menaces constantes de le faire. »

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